Interview : Jean-Laurent Del Socorro

L’auteur Jean-Laurent Del Socorro est un coup de cœur de l’équipe de rédaction de Marchombre.fr,  (pour lequel nos critiques s’entassent…), notamment pour le cycle autour de Royaume de Vent et de Colères. C’est donc avec plaisir que nous le retrouvons aujourd’hui pour une interview.
Merci à lui d’avoir répondu à nos questions !


L’Interview

Jean-Laurent Del Socorro aux Utopiales 2021, photo de Sayanel

1 – Vos romans s’inscrivent dans des périodes historiques précises, comment les choisissez-vous ?

Ce ne sont pas des périodes que je choisis, mais des personnages ou des événements qui attirent mon attention. Je tombe dessus au hasard de mes lectures d’articles, de romans, d’essais ou de visionnages de films ou de documentaires.

2 – Comment faites-vous pour donner à sentir une époque, la réalité historique du moment ?

C’est tout le travail de recherche historique. Je dois m’en imprégner le plus possible à partir des documents que je trouve pour digérer le tout et le restituer à mon lectorat. C’est un travail qui relève de la synthèse, mais avec la dimension romanesque à ne jamais perdre de vue.

3 – Comment s’est fait le choix de la polynarration ?

J’aime travailler plusieurs personnages, du coup avoir plusieurs points de vue est une solution qui s’est imposée assez naturellement à moi. Pour faire entendre chaque personnage, il fallait que je leur donne tour à tour la parole.

4 – Quelle a été votre trajectoire en tant qu’écrivain ? Pourquoi avoir choisi d’écrire de l’Imaginaire ?

Je suis arrivé assez tardivement à l’écriture vers 35 ans. Je suis scientifique à la base, mais je crois que mon écriture est le prolongement de mon autre formation, celle d’acteur. Il y a une dimension théâtrale qui traverse un peu tous mes textes, notamment le choix du récit à la première personne. J’ai choisi l’imaginaire parce que je suis d’abord et surtout un lecteur de romans de fantasy et de science-fiction.

5 – Pas de dragons dans vos romans… vous intégrez l’Imaginaire en petites touches subtiles. Pourquoi cette décision ?

Je dis souvent que je fais de l’historique fantasy et pas de la fantasy historique. J’écris d’abord des romans historiques dans lesquels j’instille une part d’ extraordinaire, qui relève d’ailleurs souvent plus du fantastique que de la fantasy. Je ne veux pas que l’étrange écrase mes personnages car ce sont eux qui sont au centre de tous mes récits.

6 – Vos personnages sont très diversifiés et construits de manières différentes. Comment travaillez-vous leurs caractères ?

C’est vraiment au fil de l’écriture que les personnages se caractérisent peu à peu. Je choisis les caractères les plus appropriés pour mettre en valeur les thématiques que je veux traiter dans mes textes : personnage à la foi incertaine, en lutte contre sa propre violence, à la recherche d’une liberté qu’il s’interdit lui-même, etc.

7 – Je pense à Boudicca, est-ce dur d’écrire un personnage féminin ? Comment vous y prenez-vous ?

Cela nécessite une attention particulière, mais qui est surtout une chasse permanente des clichés à éviter. Pour le reste, la construction est assez proche d’un personnage masculin en définitive.

8 – Dans vos romans, j’ai l’impression qu’il y a une recherche du juste. C’est quoi pour vous la justesse ?

C’est chercher le moment qui croise la sincérité avec la sensibilité. C’est à dire que les sentiments des personnages sont assez crédibles pour sonner « vrais » et pour que le lectorat les partage en le lisant.

9 – Votre dernier projet, le roman jeunesse Une pour Toutes, vient juste de sortir à l’École des loisirs. Pouvez-vous nous en parler un peu ?

Mon premier roman young adult est sorti le 5 janvier à l’École des loisirs : Une pour toutes. C’est la vie romancée de Julie d’Aubigny, alias mademoiselle Maupin, d’une véritable escrimeuse et cantatrice sous Louis XIV qui collectionnait les aventures aussi bien que les maîtresses et amants. Elle est accompagnée dans ses péripéties par le diable en personne avec qui elle enchaînera les duels de rapières mais aussi de rimes.
C’est un personnage historique assez incroyable, qui reste méconnue malgré un roman Mademoiselle de Maupin de Théophile Gautier. C’est un personnage inspirant qui se bat pour être libre, avoir le droit de vivre sa sexualité comme elle l’entend, de s’habiller en homme aussi bien qu’en femme, de manier l’épée, d’être autonome… Bref, j’ai été sous le charme de cette héroïne et j’espère que mon lectorat le sera tout autant d’Une pour toutes.

10 – Quels sont vos projets pour la suite ?

Je finalise Noir est le sceau de l’enfer, une novella inédite dans l’univers de mon premier roman Royaume de vent et de colères (prix Elbakin.net 2015). Le livre propose en bonus à la fin de l’ouvrage « Lisez, Jouez ! » ; des règles d’initiation ainsi qu’un scénario prêt-à-jouer pour faire revivre la novella autour d’une table de jeu de rôles.
On part cette fois à Londres aux côtés d’Axelle, la capitaine de la compagnie du Chariot, autour d’un objet mystérieux. Magie et intrigues seront au rendez-vous. La superbe couverture est signée Damien Dufreney. Noir est le sceau de l’enfer est publié par l’association Didaskalie et aura un tout petit tirage. Cet ouvrage-livre est commandable ici sur Hello Asso.

Côté sorties, en juin prochain la version poche de Je suis fille de rage, mon roman fantastique sur la guerre de Sécession américaine, paraîtra dans la collection Hélios des Indés de l’imaginaire.

Enfin, côté projets, je suis plongé (littéralement, avec le taille de la pile de mes sources à lire) dans le mythe des chevaliers de la Table Ronde. Ce sera une « uchronie » autour de cette légende : que ce serait-il passé si Morgane avait sorti l’épée de la pierre à la place d’Arthur ? Gros travail qui ne verra pas le jour tout de suite.

11 – Un mot pour la fin ?

Merci à mon lectorat. Sans lui, je ne serai pas auteur à temps plein aujourd’hui.

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