La BROCHECTE – Sur les dérives sectaires


La Brochure sur les Dérives Sectaires


SOMMAIRE :


I – INFORMATIONS

A – Préambule :

1 – Pourquoi ce texte ? (Les risques, comment ça se concrétise)

Pour ceux qui débarquent, ça fait suite à de longues discussions IRL sur les problèmes qu’on peut rencontrer dans nos types de communautés. Notamment d’un podcast écouté par plusieurs d’entre nous (le podcast “Dérives”), qui certes montre un exemple extrême, mais qui a le mérite de montrer que personne n’est à l’abri, et de présenter quelques mécanismes courants.
Dans une communauté marchombre, il nous paraît évident qu’il existe des objectifs de développement personnel. Et qui dit développement personnel, dit aussi risques de dérives et d’abus.
On souhaite assainir au maximum les espaces et les relations.
L’idée étant que, si des mécanismes malsains apparaissent dans notre communauté, on puisse au maximum les repérer et les prévenir.

Le podcast “Dérives” : https://ici.radio-canada.ca/ohdio/balados/7777/science-croyances-comprendre-encadrement-loi

2 – Ambition 

Ce texte n’a aucune prétention scientifique, ni prétention de prendre en charge les problèmes sectaires. C’est un texte amateur. C’est une invitation à creuser le sujet, et à vous poser des questions sur les espaces que vous côtoyez au quotidien.

(Nous avons voulu ce texte très condensé, il l’est ! Cependant, si un questionnement urgent vous tracasse, utilisez les propositions de questions du II-B.)

Ce texte est une “version 1”, et est amené à être amélioré, n’hésitez pas à commenter !

B – Informations :

1 – Une secte c’est quoi ? (Defs, explication des problèmes de ces définitions)

A. − Vieilli ou hist. Ensemble de personnes qui se réclament d’un même maître et professent sa doctrine philosophique, religieuse ou politique, ses opinions.
B –
1. Domaine relig. [P. oppos. à Église] Souvent péj. Groupement organisé dont les membres ont adopté une doctrine et des pratiques différentes de celles de la religion majoritaire ou officielle.
En partic., souvent péj. Organisation d’inspiration religieuse ou mystique (voire politique), dont les membres vivent en communauté et sous l’influence d’une ou plusieurs personnes.
2. P. ext.
a) Péj. Tout groupe idéologique clos qui suit un leader dissident de la doctrine générale et qui se caractérise par le fanatisme et l’intolérance de ses membres (Mucch. Sc. soc. 1969).
b) Ensemble minoritaire de personnes ayant un trait commun (physique, intellectuel ou autre) qui les différencie des autres.
c) Locutions
        ♦ (Avoir l’)esprit de secte. (Avoir l’)esprit étroit et fanatique, (montrer de l’)intolérance.
     ♦ Faire secte (vieilli). Se distinguer des autres par des opinions singulières ; recruter des partisans enthousiastes.

Def CNRTL : https://www.cnrtl.fr/definition/secte

Comme le montre la définition du CNRTL, le terme n’a pas toujours une connotation péjorative. De plus, l’ensemble formé par cette définition est très vaste, on ne sait pas exactement de quoi on parle, les critères sont très flous.

2 – Quelles sont les emprises possibles ?

Définition de l’emprise :

    CNRTL : II-A.− Ascendant intellectuel ou moral exercé par quelqu’un ou quelque chose sur un individu. Avoir de l’emprise sur qqn.
    Définition Wiktionnaire : (Néologisme) Domination, manipulation exercée par une personne ou une organisation qui a pour résultat de s’emparer de l’esprit, faisant perdre tout sens critique et toute volonté propre, dans le but de faire dire certaines choses ou de faire exécuter certaines actions jusqu’au péril de la vie, propre à servir la cause du manipulateur. 

Pour qualifier l’emprise mentale, le droit, la Miviludes (organisme gouvernemental de prévention contre les sectes) ainsi que l’UNADFI (asso de soutien aux victimes de sectes) s’appuient sur dix critères : https://www.unadfi.org/cles-pour-comprendre/la-notion-de-derive-sectaire/les-10-criteres-de-l-emprise-mentale-selon-le-professeur-philippe-jean-parquet/

Cinq doivent être retrouvés pour porter le diagnostic d’emprise mentale :1
  1. Rupture avec les modalités antérieures des comportements, des conduites, des jugements, des valeurs, des sociabilités individuelles, familiales et collectives.
  2. Occultation des repères antérieurs et rupture dans la cohérence avec la vie antérieure.
  3. Acceptation par une personne que sa personnalité, sa vie affective, cognitive, relationnelle, morale et sociale soient modelées par les suggestions, les injonctions, les ordres, les idées, les concepts, les valeurs, les doctrines imposés par un tiers ou une institution : ceci conduisant à une délégation générale et permanente à un modèle imposé.
  4. Adhésion et allégeance inconditionnelle, affective, comportementale, intellectuelle, morale et sociale à une personne ou à un groupe ou à une institution, ceci conduisant à :
    une loyauté exigeante et complète,
    une obéissance absolue,
    une crainte et une acceptation des sanctions,
    une impossibilité de croire possible de revenir à un mode de vie antérieur, ou de choisir d’autres alternatives étant donné la certitude imposée que le nouveau mode de vie est le seul légitime.
  5. Une mise à disposition complète, progressive et extensive de sa vie à une personne ou à une institution.
  6. Une sensibilité accrue dans le temps, aux idées, aux concepts, aux prescriptions, aux injonctions et ordres, à un « corpus doctrinal », avec éventuellement une mise au service de ceux-ci dans une démarche prosélyte.
  7. Dépossession des compétences d’une personne avec anesthésie affective, altération du jugement, perte des repères, des valeurs et du sens critique.
  8. Altération de la liberté de choix.
  9. Imperméabilité aux avis, attitudes, valeurs de l’environnement avec impossibilité de se remettre en cause et de promouvoir un changement.
  10. Induction et réalisation d’actes gravement préjudiciables à la personne, actes qui antérieurement ne faisaient pas partie de la vie du sujet. Ces actes ne sont plus perçus comme dommageables ou contraires aux valeurs et aux modes de vie habituellement admis dans notre société.

[1] Parquet : Professeur de psychiatrie, membre du conseil d’orientation de la Miviludes.

UNADFI : https://www.unadfi.org/

2 BIS – Les Dépendances

!!! La sous-partie suivante ne nous satisfait pas, insuffisamment sourcée, et est donc provisoire !!!

Les emprises semblent prendre corps grâce à des dépendances bien tangibles, qui caractérisent les asymétries d’une relation.
Les définir sans tomber dans la psychologie de comptoir semble ardue, alors nous ne nous y risquerons pas ici. (Si ça vous intéresse, je vous partage mes définitions personnelles et amateures ici, mdp=2BIS).

  • Dépendance affective
  • Dépendance intellectuelle
  • Dépendance psychologique
  • Dépendance matérielle
  • Dépendance juridique
  • Dépendance sociale

Je partage tout de même ces idées, car elles peuvent être des axes de progression.

3 – Que dit le droit sur les sectes ?

Sans être légaliste (adhérer à la loi/s’y assujettir), étudier la position de la loi française par rapport à un phénomène est souvent instructif. 

Article source : https://www.derives-sectes.gouv.fr/quest-ce-quune-d%C3%A9rive-sectaire/que-dit-la-loi/le-dispositif-juridique-fran%C3%A7ais

Le droit ne définit pas les “sectes”, pas plus qu’il ne définit les “religions”, cette non-définition est assumée, et est justifiée au nom de la liberté de croyances et des principes de laïcité. En revanche, est définie la dérive sectaire, et sont posés quelques critères.

La dérive sectaire :Il s’agit d’un dévoiement de la liberté de pensée, d’opinion ou de religion qui porte atteinte aux droits fondamentaux, à la sécurité ou à l’intégrité des personnes, à l’ordre public, aux lois ou aux règlements. Elle se caractérise par la mise en œuvre, par un groupe organisé ou par un individu isolé, quelle que soit sa nature ou son activité, de pressions ou de techniques ayant pour but de créer, de maintenir ou d’exploiter chez une personne un état de sujétion psychologique ou physique, la privant d’une partie de son libre arbitre, avec des conséquences dommageables pour cette personne, son entourage ou pour la société.”

Les critères proposés par le droit sont ceux-ci :

  • la déstabilisation mentale,
  • le caractère exorbitant des exigences financières,
  • la rupture avec l’environnement d’origine,
  • l’existence d’atteintes à l’intégrité physique,
  • l’embrigadement des enfants,
  • le discours antisocial,
  • les troubles à l’ordre public
  • l’importance des démêlés judiciaires,
  • l’éventuel détournement des circuits économiques traditionnels,
  • les tentatives d’infiltration des pouvoirs publics.

 

Un seul critère ne suffit pas pour établir l’existence d’une dérive sectaire et tous les critères n’ont pas la même valeur. Le premier critère (déstabilisation mentale) est toutefois toujours présent dans les cas de dérives sectaires.
Ces critères sont décidés remplis ou non par les juges en fonction des dossiers.

La Miviludes : https://www.derives-sectes.gouv.fr/

De notre analyse / jugement personnel, le droit est particulièrement permissif ; il ne discrimine que les cas les plus “graves” de dérives sectaires. En d’autres mots, il n’y aurait dérive sectaire que lors de la présence d’infractions à la loi. De plus, le droit part de présupposés discutables : l’existence du libre-arbitre, qui serait “volé”. Enfin, selon les cinq (ou plus) critères choisis, on peut tomber à côté de la plaque, (voire, avec un brin de mauvaise foi, carrément s’en servir pour accabler des collectifs militants qui n’ont rien de sectaire). C’est pourquoi bien qu’utile dans la compréhension des concepts, bien qu’utile pour remettre en perspective la gravité des problèmes de certains groupes, le cadrage du droit me semble imparfait, et relativement inutile au quotidien.

 


II – S’EN PRÉVENIR

A – Bases de l’esprit critique / biais.

Avant d’en venir aux questions “sectes“, quelques bases de l’esprit critique. En effet, les erreurs mentales nous sont omniprésentes, et se servir des biais est une base de la manipulation.
Bien avant de se montrer dans le spectaculaire, l’aliénation ou l’atteinte physique, les dérives sectaires se nichent au cœur du quotidien et se servent des petites failles de raisonnement qui sont leurs pieds dans la porte.

1 – Liste de biais cognitifs

Dans les ressources (II-A-4), vous trouverez une liste beaucoup plus complète des biais cognitifs, avec des détails supplémentaires sur chacun d’eux. Nous ne mettons ici qu’une sélection de biais qui nous semblent particulièrement en lien avec le sujet.
En rouge, ceux qui nous semblent les plus importants, qui forment une base à maîtriser.
  • Effet de primauté — mieux se souvenir des premiers éléments d’une liste mémorisée. 😛

 

BIAIS DE JUGEMENT

  • Biais d’ancrage — influence laissée par la première impression.
  • Biais d’engagement — tendance à poursuivre l’action engagée malgré la confrontation à des résultats de plus en plus négatifs.
  • Biais de confirmation — tendance à valider ses opinions auprès des instances qui les confirment, et à rejeter d’emblée les instances qui les réfutent.
  • Effet de halo — une perception sélective d’informations allant dans le sens d’une première impression que l’on cherche à confirmer.
  • Effet de simple exposition — avoir préalablement été exposé à quelqu’un ou à une situation le/la rend plus positif/positive.
  • Effet Ikea — tendance pour les consommateurs à accorder une valeur supérieure aux produits qu’ils ont partiellement créés.
  • [NDA : J’imagine que c’est aussi valable pour la création d’une communauté dans laquelle on investit…]
  • Erreur fondamentale d’attribution (ou biais d’internalité) un biais psychologique qui consiste à accorder une importance disproportionnée aux caractéristiques internes d’un agent (caractère, intentions, émotions, connaissances, opinions) au détriment des facteurs externes et situationnels (faits) dans l’analyse du comportement ou du discours d’une personne dans une situation donnée.  À l’inverse, ce biais nous incite à considérer les facteurs externes et situationnels parfois de manière disproportionnée par rapport aux caractéristiques internes quand nous sommes à l’origine de la situation. 
  • Sophisme génétique — tendance à juger le contenu en fonction du contenant, le message en fonction du messager, le fond suivant la forme.

 

BIAIS DE RAISONNEMENT

  • Biais de confirmation d’hypothèse — préférer les éléments qui confirment plutôt que ceux qui infirment une hypothèse.
  • Biais du survivant — se focaliser sur les éléments ayant passé avec succès un processus de sélection pour en tirer des conclusions sur la totalité des éléments.
  • Réduction de la dissonance cognitive — réinterpréter une situation pour éliminer les contradictions.
  • Coût irrécupérable — considérer les coûts déjà engagés dans une décision.

 

BIAIS DE PERSONNALITÉ

  • Biais d’optimisme — ll s’agit d’une croyance individuelle qui est que le sujet se juge moins exposé à la plupart des risques qu’autrui.
  • Effet Barnum — accepter une vague description de la personnalité comme s’appliquant spécifiquement à soi-même (ex. : horoscope, MBTI, 16 personnality.com …. Ellana…).

N’hésitez pas à fouiller plus amplement les autres biais…

2 – Outils critiques utiles

  • Rasoir d’Ockham – les hypothèses suffisantes les plus simples doivent être préférées. Principe d’économie / parcimonie.
  • Théière de Russell – Une analogie évoquée pour contester l’idée que c’est au sceptique de réfuter les bases « invérifiables » (de la religion/croyance), et pour affirmer que c’est plutôt au croyant de les prouver. 


3 – Principaux arguments fallacieux

  • Millefeuille argumentatif – la dispersion des sujets et des questionnements impliqués.
  • L’épouvantail rhétorique / homme de paille – critiquer une position présupposée/prêtée.
  • Argument d’autorité – consiste à invoquer une autorité lors d’une argumentation, en accordant de la valeur à un propos en fonction de son origine plutôt que de son contenu.
  • Argument ad hominemconsiste à confondre un adversaire en lui opposant ses propres paroles ou ses propres actes, sans répondre sur le fond.
  • Argument du silence – il s’appuie sur le fait qu’un élément n’est pas mentionné pour démontrer son absence. Or, absence de preuves et preuves de l’absence ne sont pas des équivalents.

3 Bis – Petit rappel des principales techniques de manipulation :

  • Le pied dans la porte
  • La preuve sociale
  • L’amorçage et le leurre
  • La réciprocité
    (C’est le principe social selon lequel celui qui donne se met en quelque sorte en situation de “créancier” vis-à-vis de l’autre et peut espérer pouvoir demander un service ultérieurement.)

CF : Petit traité de manipulation à l’usage des honnêtes gens – Robert-Vincent Joule et Jean-Léon Beauvois, PUG (Plus d’info dans le schéma en ressources)

4 – Ressources

Aiguiser son esprit critique est un travail de longue haleine… cependant quelques ressources peuvent permettre de faire des bonds en avant rapides !

  • Horizon Gull : https://www.hacking-social.com/sommaire-par-sujets/ / et sa chaîne Youtube
    Vous trouverez sur le site et la chaîne d’HG nombre de dossiers traitant de la pression sociale, des biais cognitifs, mais aussi des manières de “hacker” nos fonctionnements problématiques. De comment résister individuellement au marketing le plus dégueulasse à plus ambitieux : hacker la société purement et simplement.
  • Science4All : https://www.youtube.com/c/Science4Allfran%C3%A7ais/videos
    Au milieu d’une chaîne YT sur les maths et les sciences, pleins de vidéos sur l’esprit critique en général, les biais, les manières de débattre… Autant de bases théoriques que d’exemples concrets et débunks !
 

B – Comment reconnaître les dérives sectaires (Le peut-on ? Posons-nous des questions)

Comme nous l’avons vu, la définition de “secte” pose problème, par son absence de critères précis, identifiables. De plus, toutes les situations ne sont pas extrêmes, et donc ne sont pas faciles à reconnaître, cela ne les empêche pas d’être problématiques. La liste de questions ici vise donc plus à “mettre la puce à l’oreille”, elle est juste indicative. Ces questions ne sont ni exhaustives, ni conditionnelles, ni uni-causales, et probablement insuffisantes.

SECTE / QUESTIONS
  • Y a-t-il une prescription de comportements ?
  • Suis-je manipulé ? (Est-ce que je me sens floué ?) Est-ce que quelqu’un d’autre l’est ?
  • Quel est le but final du groupe ? Les étapes et objectifs sont-ils clairs ? Pourquoi ?
  • Qu’est-ce qui est caché ?  Transparent ? Pourquoi ?
  • Quelle est la hiérarchie ? Où pose-t-elle problème ?
  • Y a-t-il un contrôle relationnel ? Un isolement ? Les personnes se définissent-elles par ça ?
  • Est-ce facile de rentrer / difficile de sortir ? (Pourquoi ?)
  • Quelles sont les emprises rencontrées ?
  • Est-ce que je perds de ma personnalité au contact de la personne / groupe ?
  • Quelles sont les libertés enlevées ? Pourquoi ? Est-ce légitime ?
  • Existe-t-il des fondements/piliers philosophiques au groupe ? Quels sont-ils ?
  • Est-ce que l’on prend du temps avant de prendre une décision/faire une action ?
  • Est-ce que mon interlocuteur/groupe a intérêt à ce que j’agisse d’une façon ou d’une autre ? 
  • Est-ce qu’on essaye de me vendre quelque chose ?
  • Est-ce qu’on essaye d’avoir mon approbation sur un sujet ? 
  • Est-ce qu’on essaye d’obtenir un engagement de ma part ?
  • Quelles sont les croyances du groupe ?
  • Existe-t-il des paliers, épreuves, expériences nécessaires pour avancer dans la structure ? (explicites et/ou implicites)
  • Est-ce qu’il y a de l’argent en jeu ? Que paye-t-on ?
    -> Vous fait-on crédit en attente que vous ayez les moyens de rembourser ? (si oui, il est clairement tant de fuir x) ).
  • Comment le groupe recrute-t-il ?
  • Est-ce que l’on respecte mes limites ?
  • Quelle confiance je donne ? Quelles sont ses limites ? Quelle confiance je reçois ?
  • Est-ce qu’on me demande de rompre avec mon passé ?
    (Occultation des repères antérieurs et rupture dans la cohérence avec la vie antérieure ?)
  • Est-ce que l’on tend à être plus rigide sur les opinions/positions ?
  • Comment réagissez-vous lorsque l’on critique votre groupe ?
  • Le mode de vie véhiculé par la personne/le groupe paraît-il plus légitime que les autres ?
  • Comment est géré le regard des autres dans le groupe ? Y a-t-il une pression sociale ?

Attardez-vous… Chaque question est une vaste réflexion… Posez-les pleinement pour les communautés/groupes/relations qui vous tiennent à cœur !

C – Quelques réflexes utiles

  • Transparence
    Dans les communautés que vous côtoyez, demandez de la transparence sur les décisions. Posez publiquement les objectifs finaux.
  • Veille collective
    -> Posez des temps collectifs pour discuter des possibles dérives. Ces temps sont d’autant plus nécessaires lorsqu’il y a rencontres/activités IRL.
    -> Se poser les questions explicitement. (Suis-je manipulé ? Y a-t-il manipulation… CF II-B )
  • Parler/rendre explicite
    Une grande part de la communication est implicite, langage corporel, entre les lignes… Vous n’êtes pas forcément autant sur la même longueur d’onde que vous le croyez, n’avez finalement pas forcément les mêmes objectifs. N’hésitez pas à rendre explicites les choses. Les non-dits pèsent lourds. On désamorce nombre de bombes et dramas de la sorte, et de dérives possibles.
  • Prise en compte des consentements.
    Sortir de ses zones de confort, c’est bien ! On progresse ! Avoir des coups de pieds au cul peut aussi faire avancer ! Mais pensez toujours au consentement d’autrui (et au vôtre) aussi. Comment construisez-vous le consentement dans votre groupe/communauté/relation ?
    C’est une notion extrêmement vaste qui mérite sa brochure à elle seule, et en plus, elle existe déjà ! C’est par ici : https://infokiosques.net/lire.php?id_article=1121
  • Exercices / Jeux de rôles / Théâtre.

 


III – CRÉATION D’UNE CULTURE DE VEILLE

Si tout se passe bien dans le meilleur des mondes de l’autogestion, chacun dans la communauté prendra à bras le corps la question, se posera des questions méta-communautaires, et tombera moins facilement dans les pièges sectaires. Cependant, de mon expérience, cette situation arrive rarement d’elle-même, elle arrive suite à un drame plus ou moins grave, ou parce que quelque(s) personne(s) bien lunée(s) se casse(nt) le cul pour créer une culture de veille, c’est à dire poser la question sur la table publique, apporter des ressources, et surtout assurer la transmission : faire en sorte que chacun s’en saisisse, non seulement de la veille mais aussi du partage de celle-ci.

Partagez donc la bonne parole, mes braves petits fidèles…

Vous n’êtes pas seuls ! Des organismes institutionnels participent à cette veille, qu’ils soient universitaires, associatifs (UNADFI), ou gouvernementaux (Miviludes), n’hésitez pas à vous appuyer sur les ressources qu’ils mettent à disposition.

Pour conclure, j’aimerais attirer l’attention sur deux choses.
Premier point : toujours selon mon expérience personnelle, il n’y a pas d’espace safe. Seulement des espaces, qui parfois, tentent de limiter les risques, restez toujours sur vos gardes. “VIGILANCE CONSTANTE !”, comme dirait Maugrey Fol Œil.
Second point : c’est lorsque l’on pense être averti et posséder une garde respectable qu’on la baisse.

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