10 Rêves pour Petits et Marchombres


Préambule au texte

Ce double texte est édité uniquement dans les bonus de l’édition Rageot. A ce titre, il me paraissait donc intéressant de le partager ici pour ceux ne possédant pas l’édition en question. Il est l’un des trois textes de l’ensemble bonus « Pour Continuer A Arpenter la Voie« . Quand je relis ces 10 Rêves, j’ai l’impression qu’ici se condense pour ces deux peuples à la fois leur mode de vie, leur culture et leur poésie. Une Utopie pure véhiculée par le rêve.

Le texte

Dix Rêves pour un Petit

  • Cueillir trois kilos de framboises par jour.
  • Rigoler avec les copains.
  • Cueillir, un jour, une framboise de trois kilos.
  • Se disputer avec les copains (mais pas pour de bon).
  • Se réconcilier avec les copains en mangeant des framboises.
  • Trouver une clochinette bleue.
  • Sauter à pieds joints dans les flaques.
  • Éclabousser les copains.
  • Regarder se lever la lune.
  • Se promener.

Dix Rêves pour un Marchombre

  • Se glisser derrière l’ombre de la lune.
  • Rêver le vent.
  • Chevaucher la brume.
  • Découvrir la frontière absolue.
  • La franchir.
  • D’une phrase, lier la Terre aux étoiles.
  • Danser sur ce lien.
  • Capter la lumière.
  • Vivre l’ombre.
  • Tendre vers l’harmonie. Toujours.

Une remarque pour aller plus loin…

« D’une phrase, lier la Terre aux étoiles. Danser sur ce lien »

Référence selon moi très claire au Tenshi-Nage de l’Aïkido, technique où l’une des mains montent au ciel, et l’autre épouse la terre. Plus qu’un pont pour le marchombre entre réalité terrestre et aspiration métaphysique, la notion du lien terre-ciel sert ici une vision méta-littéraire : « D’une phrase« , il s’agit bien de poésie.

2 Commentaires sur “10 Rêves pour Petits et Marchombres”

  1. C’est peut-être un peu tiré par les cheveux, mais la dernière phrase que vous citez me fait penser à une autre phrase, que je trouve très belle, tirée des Illuminations de Rimbaud : « J’ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d’or d’étoile à étoile, et je danse.  »
    Je ne pense pas que – même si on peut supposer qu’il la connaissait sûrement – Pierre Bottero ait nécessairement eu cette référence de façon consciente en tête, car sa phrase semble en effet plus directement évoquer le Tenshi nage, mais je trouve l’écho intéressant tout de même.
    Bonne continuation, bravo pour tout votre travail,

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