Pêle-Mêle Ciné #5 : Lesbian Space Princess & Jim Queen


Le cinéma fait face à une nouvelle vague dans l’animation, toujours à la marge, mais véritable tsunami pour qui sait regarder. Nous étions déjà gâtés l’année dernière avec Mars Express, mais cette année, c’est un déluge de films d’animation indépendants, entre Lesbian Space Princess, Jim Queen, Yo Soy Frankelda, ou encore Tamala 2030. Étonnamment, et malgré la situation catastrophique des studios français1voir notre article sur le sujet : https://marchombre.fr/andarta-pictures-redressement-judiciaire-et-licenciement-massif/, la francophonie prend une place de choix dans cette vague puisqu’elle est derrière Jim Queen, le phénomène queer de l’été.


Jim Queen

Résumé :

Affiche Jim Queen

Un terrible virus se répand dans la communauté gay : l’hétérose, qui rend… hétéro. Jim, star de la communauté gay imbu de lui-même, va devoir s’allier avec Lucien, jeune gay encore au placard afin de trouver la Chloroqueer après trois épreuves d’initiation et d’entrée dans cette communauté parisienne tout ce qu’il y a de plus cliché.

Le film a même eu un petit jeu promotionnel du film pour son lancement, hésitez pas à y jeter un œil ! https://jimqueen.fr/game/ .

Critique

Bourré de référence tant à l’animation qu’à la culture gay, le film a de quoi ravir les nerds tout en faisant découvrir aux néophytes le lore gay. Oui, parce qu’à ce niveau, c’est littéralement du lore x) : classes de personnages, pouvoirs spéciaux, etc. J’ai beaucoup aimé, ça fait souffler dans une culture très majoritairement hétéronormée, ou aux représentations LG tokens qui ne vont pas plus loin. L’hétérose ne se contente pas de faire référence aux violences du sida dans les années 80, elle renverse également avec humour les stigmatisations qui attribue les attirances gay à une maladie, se moquant à son tour des hétéros par son absurdité.
Il reste des défauts comme l’absence de transmasc, exclus de la culture gay, ça a fait jaser sur le net. Mais le reste est carré.

Jim Queen teaser

Lesbian Space Princess

Résumé :

Affiche Lesbian Space PrincessSaira, princesse bloquée par un syndrome d’infériorité et une anxiété maladive, se lance dans une quête intergalactique, à reculons, pour sauver son ex toxique Kiki, chasseuse enlevée par des incels. Accompagnée de son vaisseau beauf des années 2000, elle rencontre sur le chemin Willow, idole gay-pop, qui va l’aider. Mais c’est seule qu’elle devra affronter ses peurs et prendre en assurance pour parvenir à trouver son labrys intérieur, l’arme des princesses de Clitoris, la cité lesbienne de l’Espace.

Critique

Incontestablement mon coup de cœur de l’année. Dommage pour Jim Queen, LSP mettait la barre vraiment très haut…
Lesbian Space Princess est une masterclass sur tous les plans : imagination, réalisation, dessins, scénario, et surtout profondeur des personnages et des relations, le tout avec humour et autodérision. Les personnages sont tout ce que j’aime : finesse, humour, sentiments complexes et aventureux. LSP nous rappelle que l’amour n’est pas à n’importe quel prix, qu’il va avec une responsabilité affective autant qu’une liberté absolue, toujours ensemble sous peine de manquer de s’y épanouir.
Quelques chansons ponctuent le film de manière parfaite !

Vraiment j’adore ce film et j’ai pas envie d’en dire plus, foncez le voir.

Andor

Résumé :

Affiche AndorLa série révèle le passé de Cassian Andor, voyou de la bordure, avant le one-shot canonique Rogue One, son arrivée dans la résistance en tant que mercenaire puis son adhésion à celle-ci. La série montre la prise de pouvoir progressive de l’Empire sur la Galaxie, et la naissance de la Résistance en conséquence.

Critique :

Je suis pas trop séries, surtout américaines, encore moins live-action. J’en ai soupé à tel point que je les boycottais, je trouvais tout fade, véhiculant des valeurs de merde, et aux schémas tellement recyclés que ça ne me divertissait même plus. J’ai en sainte horreur les Avengers et autres navets du genre, qu’on sert en soupe dans les salles. Le Quick du cinéma.

Mais de temps en temps, quelques exceptions se frayent quand même un chemin jusque sur mon écran, GoT, The Boys, et plus récemment Andor. Venant de la licence Star Wars, j’y suis allé plus qu’à reculons… Mais c’est une bonne surprise. La série traite vraiment du fascisme, de son infrastructure, de la propagande, des petites mains qui la font tenir, des dominations qu’elle produit sur les gens au quotidien… Et bien sûr, de la résistance, celle de l’ombre, difficile, pas forcément glorieuse, toujours dangereuse. Andor fait ce que tout Star Wars aurait dû faire depuis le début, à savoir réfléchir vraiment ce qu’est le totalitarisme, et non sous un prisme héroïque, mais sous l’angle des petites gens qui participent ou s’opposent, bon gré mal gré, à la privation des libertés et aux violences du système.
On regrettera le traitement de Saw, traité péjorativement en extrémiste sous prétexte de son anarchisme, mais globalement la série est fine sur les divisions internes des processus de résistance, et fait le job.
Une série indubitablement commentaire de l’actualité, qui devrait être banale en les temps qui courent, mais dont on apprend à se contenter tellement ce qui sort ailleurs est mauvais.

Wallpaper Andor


Autres films vus sur cette période (oct. 2024 – août. 2026) :

Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau (2024) : Chouette animation, contemplatif, beau. Chat. Ça part en bizarre sur la fin.
Le Comte de Monte-Cristo (2024) : Divertissement OK. Dumas c’est toujours cool, et l’esprit du bouquin est là.
Moule-Frites & Les Astres immobiles (années 2021-22) : Deux cools courts-métrages pour enfants.
Les Enfants Loups, Ame & Yuki (2012) : J’ai passé un bon moment mais peu de souvenirs.
Chainsaw Man – Le Film : L’arc de Reze (2025) : Je vois l’idée cynique derrière, mais bof pas pour moi.
ChaO (2025) : Chouette, on en parle ici.
Tamala 2030 : A Punk Cat In Dark (2025) : Complètement déjanté, j’adore, on en parle ici .
Nightmare Bugs (2025) : Nul. L’horreur ça fonctionne pas de ouf sur moi. Boring.
Je suis Frankelda (2025) : Excellent film en stop motion, franchement banger, on en parle ici.
Utopia (2014) : Ok, scénario bien écrit / bon montage, mais pas grand chose à raconter. Le recyclage pour une troisième saison clairement de trop.

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